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Archives de Catégorie: L’inspiration d’Émeraude

Un conte d’auteurs

Bonjour, Chers Tous,

J’ai le plaisir de vous présenter ma prochaine publication.

Tout comme L’alpha de l’Oméga, il s’agit d’une nouvelle intermédiaire de La Société qui paraîtra aux Éditions J’ai Lu en format numérique.

Ce tome 5.5  met en scène l’un des couples que je préfère dans ma saga.

J’avais envie de jouer encore un peu avec Sa Majestée Yann Le Breuil et sa belle Émeraude, aussi ne m’en suis-je pas privée.

RÉSUMÉ : 

Couverture du tome 5.5

Cela fait maintenant deux ans que Yann et Emmanuelle écrivent l’histoire de leur vie à quatre mains. Deux ans que les portes de L’Écarlate se sont refermées sur de belles promesses…

Sommé de remettre les pieds dans le sulfureux établissement, le romancier acceptera-t-il l’étrange voyage que lui propose la belle Émeraude ?

Quand passé, présent et avenir se confondent, conte et réalité se ressemblent à s’y méprendre.

Or, s’il veut préserver ce qui compte le plus à ses yeux, Yann devra se soumettre à la plume d’un impitoyable maître du jeu… voire dépasser ses attentes.

Ce titre sortira le 3 juillet et vous trouverez plus d’informations ICI

J’espère qu’il ravira les fans de La Société, à qui, je le sais, certains membres manquent beaucoup.

D’ici là, je vous embrasse… tendrement comme toujours.

Angela

 
 

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Bientôt dans votre poche

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Bonjour chers tous, 

L’été s’installe, nous sommes (déjà) en juin.

Cela me rappelle quelques échéances et notamment, la sortie, le 17, de « l’inspiration d’Emeraude » en format poche aux éditions J’ai lu.

C’est un titre très particulier pour moi, presque prémonitoire, oserais-je dire.

Mais je m’arrête là pour ne rien dévoiler de l’histoire pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore lue et je vous embrasse… tendrement comme toujours.

Angela

 

 
 

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L’inspiration d’Emeraude entre au Boudoir écarlate

« Le Boudoir écarlate » … avouons-le, avec un nom pareil, nous étions faits pour nous rencontrer.

C’est en la personne de Coraline que j’ai trouvé l’une de mes chroniqueuses les plus enthousiastes et je profite ici de l’occasion pour l’en remercier personnellement.

 » Un livre plein d’érotisme pur et tout en audace, qui nous ouvre les portes de l’Écarlate et de tous ses délices…Emmanuelle Travel a intégré le réseau de la Société par le biais des éditions De la nuit bleue. Elle écrit ainsi des livres érotiques sous le pseudonyme d’Émeraude et vient de finir son dernier manuscrit. Mais Paul Peyrac la contacte et lui ordonne de le rejoindre à son bureau, et son ton sévère n’augure rien de bon. En se rendant sur place elle va tomber littéralement sur le très célèbre écrivain Yann Le Breuil, une brève rencontre, mais face à ce genre d’homme, on ne reste pas insensible. Cependant l’heure est venue de rentrer dans le bureau de Monsieur Peyrac. Et celui-ci ne va pas y aller par quatre chemins : son dernier manuscrit pose un problème, il est très déçu, et déclare sans le moindre ménagement qu’il s’est ennuyé à mourir en le lisant. Il faut qu’elle ose d’avantage, il faut qu’elle aille plus loin pour capter encore plus le lecteur. Et quand Paul Peyrac veut quelque chose, il l’obtient. Il est temps qu’Emy prenne soin d’elle et qu’elle aille chercher l’inspiration ailleurs. Et qui d’autre mieux que la Société est en mesure de lui donner ce dont elle a besoin. C’est donc dans le nouveau club Écarlate qu’elle va se rendre timidement, et s’y retrouver sous l’aile de Yann…Emy est douce, belle, naturellement sensuelle. Mais sa vie n’est pas très joyeuse et elle est très clairement insatisfaite tant sexuellement que sentimentalement. Yann est un provocateur, c’est un homme insaisissable et totalement libertin. Ce n’est pas un enfant de chœur et il le fait comprendre dès le départ.
Les  dialogues entre Emy et Yann sont intelligents, il y a une certaine complicité entre eux que j’ai adoré malgré la distance qu’ils s’imposent. Ils m’ont fait sourire, parfois même éclater de rire face à des situations plutôt cocasses et glauques. Ce sont deux personnalités à l’opposé l’une de l’autre et quand ils sont ensemble c’est explosif, très passionnel. Leur relation et les scènes de sexe sont pleines d’audace, de sensualité, d’érotisme et de plaisirs bruts. Elles nous mettent les nerfs à vifs, font monter la température de la pièce et du corps.
….
La suite sur :
 
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Publié par le 2 août 2013 dans Chroniques

 

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La Société Tome 5 par Lisa Mc Livres

Lisa Mc Livres est une chroniqueuse de talent, je le dis, je le répète.

Si elle estime que ma plume s’affine au fil des tomes, je remarque (terme objectif) pour ma part, que la sienne en fait tout autant au fil des articles qu’elle publie. Son avis est toujours pertinent et argumenté sans pour autant dévoiler l’intrigue des romans qu’elle passe à la moulinette. Son écriture est pétillante, intelligente et précise en ce sens qu’elle ne s’égare jamais dans des détails sans importance. A l’inverse, je vous invite à porter attention à ceux qu’elle vous livre volontairement, rien n’est dénué d’intérêt dans ce qu’elle relève.

Il m’était bien entendu impossible de me passer de ses commentaires avisés et je dois dire que j’attendais avec une grande impatience de savoir ce qu’elle avait pensé de ce 5e opus.

L’inspiration d’Émeraude, Tome 5 de La Société d’Angela Behelle

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La chronique de Lisa McLivres:

Chaque tome de la Société nous surprend et nous transporte d’une façon différente.

Avec L’Inspiration d’Émeraude, j’ai été ensorcelée, ou envoûtée, je ne sais pas quel terme est le plus exact pour décrire ce que cette lecture a produit sur moi. Une sensation d’extase, de Nirvana qui m’a subjuguée et m’a transportée sur un petit nuage cotonneux d’un rouge flamboyant où des sons, des images et des odeurs me restent encore en mémoire.

Enfilez votre tenue la plus audacieuse, parez-vous d’un loup qui préservera votre anonymat et attisera la curiosité et venez pousser les portes de l’Écarlate…

Vous allez pénétrer dans un lieu très fermé, réservé à des initiés, dans un monde de volupté, de voyeurisme et de libertinage qui fera bouillir d’excitation le sang dans vos veines ! Déambuler dans L’Écarlate c’est assister à la débauche la plus sensuelle, à l’échangisme le plus primitif et à la découverte la plus érotique que vous ayez jamais lu ! Le style est si parfait, si pointilleux, si captivant que l’on se sent voyeur à notre tour, avec cette excitante curiosité et ce regard indiscret mais fasciné qui nous transporte directement derrière l’une de ces portes où les scènes les plus aguichantes et libertines qui soient sont en train de se dérouler.

Grâce à la plume d’Angela Behelle, qui s’est encore affinée (jusqu’où ira-t-elle !!), vous  voyagerez dans un monde de luxure et de découvertes sensuelles au-delà de vos espérances.

Mais avant de vous plonger dans la débauche la plus totale et la plus délicieuse qui soit en même temps, voici comment tout commence pour notre héroïne. La jeune écrivain Emmanuelle Travel, que tous nomment Émi et dont le nom de plume est Émeraude, est convoquée par son éditeur – et non moins célèbre – Paul Peyriac (cf Tome 2), pour discuter de son dernier manuscrit. En effet, son dernier roman érotique n’est pas à la hauteur des attentes de ce dernier car il le juge trop « sage ». Elle est donc sommée de le réécrire ! Et c’est dans ces bureaux même qu’elle va rencontrer le célèbre écrivain, ténébreux et provocateur, Yann Le Breuil. De cette rencontre vont découler une relation à la passion dévorante ainsi qu’une collaboration inattendue.

Yann est un libertin, il ne s’en cache pas d’ailleurs, et c’est derrière les portes de L’Écarlate  (cf Tome 4) qu’il s’adonne à son passe-temps favori. D’une impudence et d’un goût certain pour les plaisirs de la chair, il va d’abord servir de guide à Émi en lui faisant découvrir les couloirs de ce lieu de luxure pour ensuite y jouir pleinement en étant son partenaire.

L’auteure nous immerge dans le monde du libertinage d’une étonnante façon sans enlever de la beauté à la relation des deux héros. Le but ultime est à chaque fois de procurer du plaisir à l’autre. Mais attention, parfois la frontière entre le paradis des sens et l’enfer des émotions est très mince…

Les personnages sont totalement prisonniers de leurs désirs et de leur plaisir, et avec cette dépendance qui s’accroît au fil des pages  l’on se demande jusqu’où cela va  les mener.

Ce nouvel épisode de La Société est à mon avis plus sulfureux, plus charnel et plus ensorcelant encore que les autres tant nos sens sont aiguisés grâce au style de l’auteure et parce qu’il nous ouvre les portes d’un monde secret, inavouable et tentateur. Les mots sont crus, les scènes explicites et les pratiques évoquées peuvent fasciner ou révulser mais j’ai eu l’impression de flotter dans un monde si voluptueux et ensorceleur de la première à la dernière ligne que le plaisir de la lecture est indéniable.

la suite sur :

http://booksweetbooks.over-blog.com/l-inspiration-d-%C3%89meraude-tome-5-de-la-soci%C3%A9t%C3%A9-d-angela-behelle

 
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Publié par le 2 août 2013 dans Chroniques

 

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L’inspiration d’Emeraude … extrait.

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— Cet après-midi, 16 heures !

La voix de Paul Peyriac est sans concession à l’autre bout du fil. Ce n’est pas une invitation, c’est un ordre qu’il m’adresse. Ai-je le choix ? Je ne le pense pas.

— Très bien, j’y serai.

Il prend acte de ma réponse sans un mot de plus que nécessaire. Je raccroche, songeuse et vaguement inquiète. Jamais Paul ne m’a ainsi « convoquée » depuis le temps que nous nous connaissons.

« Émi, je tiens à vous parler de votre dernier manuscrit. » m’a-t-il dit.

À son ton sévère, j’ai su que quelque chose n’allait pas. Mon projet n’est pourtant pas tellement différent des précédents.

Que peut-il bien lui reprocher ?

Décidément, ma journée ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Déjà, Stéphane a appelé ce matin pour me prévenir qu’il rentrerait tard. Voilà ce que c’est de vivre avec un banquier, et surtout, un banquier qui a, depuis quelques semaines, une nouvelle collègue qui laisse inopportunément quelques cheveux blonds sur sa veste.

Bien sûr, il semblerait que je doive compatir entièrement à sa surcharge de travail. Et c’est précisément ce que j’ai fait, tout à l’heure, en le plaignant de faire des heures supplémentaires. Ce n’est pas que je sois hypocrite, mais lâche, sûrement. Je joue les aveugles pour ne pas affronter la vérité. Je sais à quoi ça nous conduirait. Je sais aussi la part de responsabilité que j’ai dans cette affaire. Je relève le nez vers mon reflet dans le miroir et je m’interroge en silence tout en faisant un rapide bilan.

Trois ans maintenant… c’est avec lui que tout a commencé, la vie à deux, mon premier roman, puis la Société et les autres histoires que Paul Peyriac m’a suggéré d’imaginer pour le plaisir des membres. C’est comme si c’était hier.

Mais voilà !

J’en ai passé des nuits blanches à écrire, j’ai sans doute négligé Stéphane. Je serais donc bien gonflée de lui reprocher d’être allé voir ailleurs de temps en temps. Je me demande juste pourquoi il est resté. Cette fois-ci est plus sérieuse, les heures supplémentaires s’accumulent et les mensonges sont plus fréquents.

Au fond, a-t-il tort ?

Mon double dans la glace semble aussi dubitatif que moi.

Qu’ai-je fait pour empêcher tout ça ?

Je ne ressemble plus à rien. Je vis en caleçon du matin au soir et du soir au matin. Je n’ai pas touché au mascara depuis des lustres au point que je me demande s’il n’est pas périmé. Je détache mes cheveux enroulés sur mon crâne. Ma tignasse rousse n’est plus qu’une crinière hirsute que je ne sais dompter qu’en la contenant dans un chignon mal fait.

Je dois réagir et très rapidement. Une visite chez Bertrand s’impose.

J’abandonne donc là mon constat attristant et je compose le numéro du coiffeur.

— Bonjour, Bertrand. C’est Emmanuelle Travel.

— Bonjour, Émi ! Je suppose que si vous m’appelez, c’est qu’il y a urgence, répond-il d’une voix où pointent des accents tout aussi sévères que ceux de mon éditeur quelques minutes auparavant.

— Comment savez-vous ça ? je ricane pour donner le change alors que je craignais de me faire houspiller.

— Vous faites partie de cette catégorie de clientes qui ne passent ma porte que guidées par le désespoir. Quand voulez-vous venir ?

— Maintenant, évidemment !

— Évidemment ! ronchonne-t-il.

Je n’ai pas besoin d’insister, il pousse un soupir et m’annonce qu’il m’attend avant de me raccrocher au nez. Dès lors, il devient impensable de le faire patienter outre mesure. J’ai déjà beaucoup de chance qu’il soit disponible. Je me débarrasse de mon caleçon comme s’il me brûlait la peau et je saute dans le premier jean venu. Comme piquée par un insecte, j’enfile une paire de bottes, j’attrape mon manteau et je dégringole l’escalier. Mon appartement étant situé au premier étage, je gagne plus de temps à emprunter les marches que l’ascenseur. Moins de 20 minutes plus tard, je franchis le seuil du salon de coiffure comme on passe la ligne d’arrivée d’un 100 mètres. Un juron derrière moi me fait sursauter.

— Comment avez-vous osé sortir comme ça ? s’époumone Bertrand en envoyant voler une mèche de mes cheveux d’un geste furibond.

— En courant très vite !

Mon humour le laisse de marbre. Il empoigne mon bras et m’entraîne vers un cabinet privatif pendant que ses employées persécutent d’autres clientes. Il m’accorde à peine le temps de me défaire de mon manteau et me gratifie d’une ignoble blouse noire. Il me fait ostensiblement la gueule. Je dois plaider coupable.

— Je sais que j’ai été négligente.

Il m’assassine du regard et, dans un silence obstiné qui ne lui est pas coutumier, il s’active à préparer une mixture dont il a le secret.

— Négligente ? réagit-il en grognant. Vous maniez l’euphémisme avec facilité vous, l’écrivain !

Il badigeonne mon crâne sans ménagement. Je préfère me taire. Heureusement pour moi, ses gestes de professionnel lui ramènent très vite sa bonne humeur. S’il me gronde, c’est plus gentiment.

— Je me tue à la tâche pour vous… et voilà toute la récompense de mon travail !

— Je vous promets de faire un peu plus d’efforts à l’avenir, dis-je pour finir de l’amadouer.

— Un peu plus ? Vous riez, chère demoiselle ? Il va me falloir des heures pour vous rendre seulement acceptable et vous, vous consentez à « un peu plus d’efforts » ?

— D’accord, beaucoup plus d’efforts ! je cède en souriant devant mon air idiot avec cette pommade jaunâtre sur la tête.

Bertrand débarrasse ses pots, règle la minuterie et s’installe à côté de moi en m’apportant un café.

— Dites-moi tout ! Quand sortez-vous votre prochain roman ? demande-t-il en entamant l’interrogatoire dont il est toujours friand et qui lui permet d’être au courant des derniers potins.

— Aucune idée ! J’ai rendez-vous avec Paul Peyriac cet après-midi à ce sujet.

— Ah ! Voilà pourquoi vous arrivez ici en catastrophe, devine-t-il en affectant une moue évocatrice. Eh bien, c’était moins une ! Il vaut mieux en effet que vous n’alliez pas chez Monsieur Peyriac dans cet état. Il préfère de loin les femmes élégantes et soignées. D’ailleurs, il ne se passe pas un mois sans que sa petite-fille vienne ici.

— Mina ?

Bertrand hoche la tête en sirotant son café, le petit doigt en l’air et l’oreille aux aguets, bien déterminé à compléter ses informations personnelles.

— Depuis qu’elle a épousé Philippe, il me semble avoir compris qu’elle travaille désormais avec Paul, c’est cela ?

— Vous ne vous trompez pas, je lui confirme sans trahir un secret. Paul a décidé d’occuper sa retraite à développer une branche annexe aux éditions Peyriac sous le nom des « Éditions de la Nuit Bleue ». Mina est son associée.

— Vous êtes drôlement au courant.

— Vous oubliez que ce sont mes éditeurs.

— Racontez-moi donc comment vous avez fait, ça me passionne, réclame-t-il avec une mine gourmande qui m’amuse.

J’avale mon café et je consens volontiers à évoquer ce que, d’ordinaire, je garde précieusement sous silence. Avec Bertrand, ce n’est pas pareil, il comprend, lui.

— J’ai envoyé un de mes manuscrits aux éditions Peyriac en sachant fort bien qu’il n’entrait pas dans les critères des ouvrages qu’ils publient. J’ai tenté ça comme un coup de poker sans réel espoir que ça fonctionne. D’ailleurs, au bout de six mois sans aucune nouvelle, j’ai cru qu’ils l’avaient purement et simplement jeté à la poubelle sans prendre soin de me répondre.

— Et ? insiste Bertrand en se régalant de mes confidences.

— Un beau jour, j’ai reçu un appel de Mina. Elle me donnait rendez-vous pour discuter de mon manuscrit. J’ai foncé. Et c’est à cette occasion que j’ai rencontré Paul Peyriac pour la première fois. Il était tellement impressionnant que j’ai manqué de faire demi-tour.

Bertrand acquiesce, partageant visiblement mon avis sur le personnage.

— Heureusement, Mina était là, charmante. Elle m’a mise à l’aise même si elle avait l’air tout aussi déterminé que Paul. À deux, ils m’ont expliqué qu’ils avaient lu mon manuscrit avec attention, mais qu’il ne correspondait pas à la ligne éditoriale. Ça, je m’y attendais et je commençais à m’interroger sur le fait qu’ils m’avaient fait venir jusque-là pour me dire ça.

— Oui, c’est vrai. Mais, vous deviez bien vous douter qu’il y avait autre chose, non ?

— À peine étais-je arrivée que Paul m’a demandé si la perspective de gagner de l’argent avec mes livres m’intéressait suffisamment pour céder à quelques concessions. Cette proposition était plus qu’alléchante, évidemment, mais j’ai voulu savoir dans quoi je m’engageais.

Bertrand hoche la tête, approbateur, et m’invite à poursuivre avec une avidité qui n’a d’égale que sa curiosité.

— Alors Paul n’y est pas allé par quatre chemins. Il m’a assuré qu’il était en mesure de me faire très largement vivre de mon travail si j’acceptais d’entrer dans un monde de secrets et d’anonymat. J’avoue que je n’ai pas bien compris au début. Mais tout ce mystère et l’idée de devenir vraiment écrivain m’ont véritablement séduite. J’ai dit oui sans hésiter.

— Et c’est comme ça que vous avez intégré la Société.

— En effet. Paul et Mina m’ont tout expliqué à ce sujet. Ils m’ont raconté comment je leur donnais l’occasion de réaliser un projet qu’ils avaient en tête depuis un moment. Ils m’ont surtout présenté un magnifique contrat.

— Sur un seul de vos livres ?

— Non, pas seulement, je corrige en mettant un frein à son enthousiasme. Je me suis aussi engagée à intégrer le réseau de la Société par le biais des Éditions de la Nuit Bleue et à fournir d’autres manuscrits du même acabit que celui que Paul et Mina s’offraient de publier.

— Et voilà comment vous êtes devenue auteure ! J’ai dévoré vos livres, soupire-t-il, aux anges. Mais pourquoi avoir choisi Émeraude comme pseudonyme ?

— C’est Paul qui a eu cette idée. Mon prénom est trop connoté pour ce genre de littérature. On aurait crié à l’opportunisme. Une Emmanuelle qui écrit des romans érotiques, ça paraissait trop facile. Et puis tout le monde m’appelle Émi depuis mon enfance, je détestais Manu… alors il a estimé que le vert de mes yeux s’accordait bien avec Émeraude.

— Il a raison, ça vous va bien.

La sonnerie stridente de sa minuterie l’interrompt brusquement. Bertrand quitte son fauteuil d’un bond pour me rincer la tête à grande eau. Cela ne l’empêche cependant pas de poursuivre son inlassable interrogatoire.

— Combien de romans avez-vous publiés en tout ?

— Quatre.

— Vous travaillez beaucoup !

— J’aime bien. Et puis, j’en ai besoin pour vivre correctement.

— La Société se montre toujours généreuse pour les membres de son réseau, rectifie-t-il en connaissance de cause.

Je manque de rire. Bien sûr qu’il sait de quoi il parle, mais je ne résiste pas au plaisir de le taquiner un peu.

— Tout dépend de ce qu’on appelle « correctement ».

Il glousse en me frictionnant le crâne. Nous nous sommes parfaitement compris.

***

Il est 16 heures tout juste quand les portes de l’ascenseur des éditions Peyriac se referment sur moi. Je jette un coup d’œil dans le grand miroir qui occupe le fond de la cabine. Bertrand m’a redonné fière allure. Ma tignasse est devenue une sage chevelure ondulée aux reflets d’or. J’ai accentué mon maquillage et j’ai choisi une robe courte et des talons hauts. Paul Peyriac n’aura rien à me reprocher de ce point de vue.

Septième étage !

Nous y sommes. J’ai les jambes cotonneuses et l’esprit préoccupé par ce rendez-vous impérieux auquel je ne m’attendais pas. Toute à mes pensées inquiètes, je sors en trombe de l’ascenseur. Je manque alors de tomber à la renverse en bousculant quelqu’un sur mon passage. Par chance, une main solide me préserve généreusement de l’humiliation d’une chute. Je relève piteusement le nez vers mon sauveur pour m’excuser et là, la surprise m’arrête tout net.

Bon sang !

Yann Le Breuil me tient le bras.

Il est encore plus sublime que sur la couverture de ses livres. Tout est fidèle au portrait : ses cheveux très bruns, à la coupe faussement désordonnée, un fin duvet de barbe qui ombre légèrement son magnifique visage aux traits volontaires, ses yeux noisette qui me dévisagent gaiement sous une bordée de longs cils noirs et ses lèvres pleines qui s’étirent à cet instant dans un sourire vaguement moqueur. Il n’a eu aucune difficulté à me rattraper, il a une carrure d’athlète et une poigne de fer. Il mesure presque une tête de plus que moi malgré mon mètre soixante-dix augmenté de mes dix centimètres de talons.

— Vous êtes-vous fait mal ? me demande-t-il.

Sa voix grave et un peu voilée me colle la chair de poule. Je me redresse aussi dignement que possible en récupérant ma liberté et je bredouille des remerciements confus.

— Non… merci. J’espère que vous non plus.

— Il m’en faudrait un peu plus.

Je me sens bêtement rougir sous le regard inquisiteur qu’il darde sur moi. Je ne sais quoi dire au juste pour me sortir de cette embarrassante situation. Je réitère de plates et maladroites excuses dont il n’a visiblement que faire.

— Ah, Émi, tu es là ! lance tout à coup la voix de Mina loin derrière moi.

Pour un peu, j’en pousserais un soupir de soulagement. Je m’empresse de me tourner dans sa direction. Mina est toujours aussi belle et souriante. Elle remonte le couloir d’un pas alerte, presque aussitôt suivie de plusieurs personnes parmi lesquelles Paul Peyriac ainsi que Philippe, son mari. Quant aux autres, j’ignore qui ils sont. Il y a deux hommes ainsi qu’une femme aux cheveux très courts, d’un blond platine surprenant. Mina vient m’embrasser comme toujours depuis que nous nous sommes liées d’amitié, puis elle avise ma victime à côté.

— Je ne pense pas que vous vous connaissiez, insinue-t-elle en nous adressant un de ses sourires qui désamorce n’importe quelle situation explosive.

Je n’ai pas le temps de répondre, Yann Le Breuil me prend de vitesse.

— Je n’ai pas cette chance.

Mes joues s’enflamment, je me sens stupide. Mina ne semble pas s’apercevoir de mon émoi ou, si c’est le cas, elle n’y accorde pas d’attention. Elle se charge des présentations avec son naturel habituel.

— Émi, je ne te ferai pas l’injure de te présenter Yann Le Breuil.

Je réprime une grimace.

Forcément !

Comment n’aurais-je pas reconnu l’auteur à succès que tout le monde s’arrache ?

Je dois avoir lu tous ses bouquins et sa bio s’étale sur chacun d’eux. Je sais qu’il a trente-deux ans, qu’il est originaire du Puy-de-Dôme, qu’il est un surdoué de l’écriture, mais qu’il a une fâcheuse tendance à la provocation. Les journalistes, les animateurs de télé, de radio, l’invitent tout en le redoutant. Il est du genre à balancer des vérités parfois très dérangeantes.

Bref, le perturbateur qu’on adore détester.

Enfin, depuis quelques minutes, je sais aussi à quel point, en vrai, il est encore plus beau et musclé qu’en image.

 

 
 

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